Il n’est jamais facile d’écrire après une disparition aussi soudaine et tragique. La mort de Florence Arthaud nous renvoie à la fois les merveilleuses pages qu’elle a écrites dans l’histoire de la course au large et la violence avec laquelle une vie peut être arrachée.

 

Beaucoup de choses viennent d’être écrites ces derniers jours sur Florence, ainsi que sur Camille Muffat et Alexis Vastine, les deux autres grands champions disparus dans l’accident d’hélicoptère. Mais je m’étonne que les cinq autres victimes françaises, les journalistes, cameramen et réalisateurs de la production, n’aient reçu aucun hommage. A peine quelques lignes dans la presse, et encore…

 

Pourtant, eux aussi ont perdu la vie et elles ne valaient pas moins que celles des trois autres. L’émotion n’est pas la même car ils n’étaient pas connus, n’ont pas suscité de grandes émotions collectives comme les sportifs peuvent le faire grâce à leurs exploits. Mais leurs familles et leurs amis sont tout aussi endeuillés. Sans oublier les deux pilotes argentins dont seule l’enquête pourra déterminer leurs responsabilités ou non dans cet accident. C’est donc aux sept autres victimes, Lucie Mei-Dalby, Brice Guilbert (32 ans), Volodia Guinard (36 ans), Laurent Sbasnik (40 ans), Edouard Gilles (61 ans) et les pilotes Juan Carlos Castillo et Cesar Roberto, très peu mentionnés dans les médias, que je veux dédier ce post.

 

Cette semaine, je pensais d’abord écrire un post sur le rapport réalisé et publié par une entité indépendante sur l’échouement de Team Vestas Wind dans la 2e étape de la Volvo Ocean Race. Un rapport complet de 77 pages qui tente de ménager mais est bien obligé de pointer les erreurs commises par l’équipage. Et notamment celles du navigateur Wouter Verbraak et du skipper Chris Nicholson, qui était de quart au moment de l’échouement, dans leur préparation de cette étape puis dans la gestion sur l’eau de la navigation aux abords de ces récifs que les deux hommes prenaient pour des hauts-fonds. Moi qui ai régulièrement critiqué dans ce blog le verrouillage de la communication de l’organisation de la Volvo Ocean Race, je tenais à souligner cette fois-ci leur transparence appréciable dans le résultat de cette enquête.

 

Je voulais aussi revenir sur l’affaire Dean Barker qui secoue toute la Nouvelle-Zélande. Débarqué de son double rôle de barreur et directeur sportif, Deano a refusé l’offre du board de TNZ de devenir coach du team et responsable de la performance. Glenn Ashby, régleur de l’aile, devient le nouveau directeur sportif tandis que le jeune et ultra talentueux Peter Burling prend la barre des différents bateaux kiwis. Une chose est sûre : l’expérience de Dean Barker devrait intéresser d’autres syndicats qui préparent la 35e America’s Cup. Reste à savoir chez qui pourrait rebondir le barreur qui a disputé quatre finales de la Coupe (pour une seule victoire en 2000)…

 

On aurait pu aussi parler du cyclone Pam dont les vents de plus de 100 nœuds menacent la Nouvelle-Zélande et ont obligé le report de la 5e étape de la Volvo Ocean Race, entre Auckland et Itajai (Brésil) de dimanche à mardi ou mercredi. Dans L’Equipe de ce vendredi, sous la plume d’Anouk Corge, Pascal Bidégorry plaisante à propos de ce cyclone : « Dimanche, ça ressemble à la fin du monde mais lundi c’est sûr, c’est la fin du monde ! »

 

Malheureusement, en Argentine, lundi dernier, c’était vraiment la fin du monde pour dix personnes.