On attendait ce moment avec impatience depuis longtemps. Depuis un soir de septembre 2013 plus précisément. Après l’incroyable come-back de Oracle Team USA face à Emirates Team New Zealand lors de la 34e America’s Cup

 

Le week-end dernier avait lieu le premier AC World Series en vue de la 35e édition de l’America’s Cup aux Bermudes en 2017. C’était à Portsmouth, en Grande-Bretagne. Juste en face de l’île de Wight où tout a commencé un jour d’été 1851 devant la Reine Victoria.

 

Les Anglais avaient mis les petits plats dans les grands pour accueillir le gratin de la voile mondiale. Le Prince William et Kate Middleton avaient fait le déplacement. Des tribunes géantes avaient été dressées sur les pelouses pour accueillir les dizaines de milliers de spectateurs (60 000 selon les organisateurs !).

 

Et pour que les régates soient encore plus spectaculaires, les “anciens“ AC45 ont été dotés de foils afin qu’ils volent au-dessus de l’eau comme leurs grands frères de 72 pieds l’ont fait dans la baie de San Francisco.

 

Six équipes – et non des moindres – devaient en découdre. Oracle Team USA bien sûr, le defender, avec l’inamovible James Spithill à la barre. Les All Blacks de la voile of course, Emirates Team New Zealand, avec un nouveau duo Glenn Ashby (skipper/tacticien) / Peter Burling (barreur) qui ont remplacé Dean Barker, que l’on retrouve sur le bateau japonais Softbank Team Japan. Les premiers croisements seront-ils électriques ? Artemis Racing aussi, le malheureux candidat de 2013 de retour avec de nouvelles ambitions et toujours Nathan Outteridge aux commandes. Le très attendu Sir Ben Ainslie, quadruple Champion Olympique et tacticien d’Oracle Team USA en 2013, désormais à la tête de sa propre équipe sobrement baptisée Land Rover BAR (pour Ben Ainslie Racing). Et enfin, les premiers pas de Groupama Team France avec notre petit surdoué des mers, Franck Cammas.

 

Bref, on était impatient de voir ça… Quelle ne fut pas notre déception !

Tout ça pour voir seulement deux régates d’une demi-heure chacune ! Pfff…

La faute à la météo d’abord, puisque la journée du dimanche a été annulée.

La faute aux organisateurs aussi qui n’ont pas prévu qu’ils pouvaient faire mauvais temps en Angleterre ! Et n’avaient donc pas de plan B pour prolonger l’épreuve jusqu’au lundi. Ou bien démarrer le vendredi en anticipant le coup de vent du dimanche…

La faute aux organisateurs encore. Car les régates, à l’exception de deux croisements et trois ruades d’AC45 tel un pur-sang indomptable, n’avaient rien de palpitantes. Les bords étaient trop longs par rapport aux faibles conditions de vent le samedi.

Au point de se souvenir qu’en 2012, les AC World Series étaient bien plus impressionnants. Est-ce par qu’il y avait une douzaine d’équipes sur la ligne de départ contre la moitié aujourd’hui ? Peut-être… Mais à l’époque, les AC45 ne volaient pas et c’était quand même très spectaculaire.

 

Espérons qu’à Göteborg, les conditions météo participeront à nous offrir un beau spectacle et qu’ACEA aura l’idée de raccourcir les bords, quitte à faire plus de tours, si le vent faiblit…

 

Question subsidiaire : 2 millions d’euros (budget estimé pour l’organisation d’un ACWS) pour deux courses de 30 minutes, ça fait cher la minute de régate, non ?

 

L’une des belles ruades à laquelle on a assisté ce week-end à Portsmouth… © photo : ACEA