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About: Lebras

Journaliste nautique depuis 1996, Loïc Le Bras est un passionné de régates. Pour les magazines, Internet et la télévision, il a couvert les plus grands événements, comme la Route du Rhum, le Vendée Globe, la Coupe de l’America, la Mini-Transat – qu’il a disputée en 2001 – et, plus récemment, les Jeux Olympiques. Il collabore depuis 2002 avec Voiles et Voiliers et depuis 2006 avec Canal Plus.

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Avantage psychologique

Par Loïc Le Bras

Avec l’arrivée de la 6e étape de la Volvo Ocean Race à Miami, le classement général s’est resserré avec encore quatre prétendants (sur six) à la victoire finale. Telefonica n’a plus que 11 points d’avance sur Groupama 4, 15 points sur Team New Zealand et 17 points sur Puma. Jamais dans l’histoire de la Volvo Ocean Race, l’écart n’a été aussi serré à trois étapes de la fin. Ericsson 4 (2008-09), ABN Amro 1 (2005-06) et Illbrück Challenge (2001-02) ont tous les trois écrasé la concurrence lors des trois précédentes éditions.

 

Une situation qui rajoute encore un peu de piment à cette épreuve passionnante à suivre, malgré le nombre restreint de participants.

 

Mais qui va remporter cette onzième édition du tour du monde en équipage ?

 

Telefonica ?

L’actuel leader compte encore une petite marge d’avance sur les Français. Mais les Espagnols sont en perte de vitesse. Vainqueurs des trois premières étapes, les hommes d’Iker Martinez ont enchaîné par une 3e place à Auckland, une 2e à Itajai et une 4e à Miami, sans oublier la grossière erreur de bouée qui leur coûte la victoire sur l’In-Port d’Itajai. Le doute s’installe-t-il ? Sur la sixième étape, une mauvaise option à l’est des Caraïbes a ouvert la porte à Groupama qui en a profité pour les doubler. Et même dans la pétole, à la toute fin de l’étape, l’équipage de Telefonica n’a pas réussi à repasser devant les Français alors qu’ils étaient revenus bord à bord. Dur à encaisser…

 

Groupama ?

A l’inverse de Telefonica, Groupama a sauvé sa 6e étape en revenant de très loin. Les Français, bons derniers à cause d’une mauvaise option dès le départ, ont réussi à revenir sur la flotte et doubler Abu Dhabi puis Telefonica pour finir 3e et grappiller 5 points au classement général sur le leader. Chapeau ! Psychologiquement, être capable de revenir de loin, de rattraper une erreur et de résister aux Espagnols sur la fin doit faire le plus grand bien aux hommes de Franck Cammas. Encore faut-il réussir à évacuer cette mauvaise entame d’étape qui aurait pu coûter cher. Les Français, bien qu’en nette progression (victoire d’étape à Auckland, nette domination jusqu’au démâtage et victoire de régate In-Port à Itajai) restent encore irréguliers. Ils doivent reprendre confiance dans leur bateau et leurs réglages pour profiter de l’ascendant psychologique qu’ils ont sur les Espagnols.

 

Camper Team New Zealand ?

Les Kiwis n’ont pas le meilleur bateau de la flotte, tout le monde le dit. Mais cet équipage ultra expérimenté arrive néanmoins à tirer son épingle du jeu. Mieux, il a rivalisé avec Puma pendant toute cette sixième étape pour finir deuxième à Miami. De quoi regonfler leur moral et leur redonner des espoirs de victoire finale. Des espoirs qui s’étaient estompés lors des étapes précédentes marquées par une décevante 4e place à domicile à Auckland et une étape suivante compliquée avec avarie et escale à Puerto Montt (Chili) pour réparer. Ils ne sont pas les favoris des quatre prétendants à la victoire mais conservent néanmoins toutes leurs chances.

 

Puma ?

Vainqueur des deux dernières étapes, les Américains, bien que toujours quatrièmes, restent très dangereux. Victime d’un démâtage sur la première étape, les équipiers de Ken Read ont mangé leur pain noir et font leur retour aux avant-postes. Ils ont pris un ascendant psychologique indéniable sur les deux dernières étapes. Bien que la sixième étape n’ait pas été la plus dure physiquement, cette épreuve qui a commencé il y a six mois et demi laisse des traces dans les organismes. Les trois dernières étapes se joueront donc aussi sur la force mentale des équipages à se faire violence, à se surpasser. Par leur expérience de l’édition précédente et leur incroyable retour au classement général malgré l’abandon de la première étape, les Américains bénéficient peut-être de ce petit “plus“ psychologique qui peut faire la différence. Mais pour l’emporter, ils doivent réaliser un sans faute sur les trois dernières étapes afin de remonter leur retard de 17 points sur Telefonica, 6 points sur Groupama 4 et 2 points sur Camper TNZ. Pas facile avec une telle concurrence…

 

 

Fred Le Peutrec quitte China Team

Par Loïc Le Bras

 

 

Mitch Booth, Andreas Hagara, Charlie Ogletree et maintenant Fred Le Peutrec. C’est la valse des skippers chez China Team ! Phil Robertson, le probable remplaçant de Fred à Venise serait du coup le quatrième barreur en cinq épreuves !*

 

Pourquoi une telle instabilité ?

 

Visiblement pour des raisons à la fois financière et de management. L’Australien Mitch Booth, premier de la série à avoir quitté le navire chinois, n’a jamais caché son incapacité d’humeur avec Thierry Barot, le patron français de China Team.

 

Avec l’élégance qu’on lui connaît, Fred Le Peutrec préfère dire que pour des divergences de stratégie dans le projet de China Team, il a décidé de mettre fin de lui-même à sa collaboration avec l’équipe chinoise. Il n’aura donc barré l’AC45 chinois que sur une seule épreuve à Naples le mois dernier.

 

Le manque de moyens de China Team oblige certainement Thierry Barot à faire des choix stratégiques qui, visiblement, ne conviennent pas aux différents skippers et/ou barreurs qui se sont succédés jusqu’à présent.

 

Phil Robertson, jeune espoir du match-racing à la sauce néo-zélandaise, avait été retenu en finale des sélections pour le poste de barreur de l’AC45 chinois en février dernier face à Fred Le Peutrec. L’immense expérience de Fred en matière de multicoque avait alors primé dans le choix du nouveau barreur. Espérons pour Phil Robertson, qui va découvrir le multicoque et l’AC45 une semaine avant la prochaine épreuve, que le vent soit faible dans la lagune vénitienne pour un apprentissage en douceur…

 

 

* Charlie Ogletree était juste skipper à Plymouth et San Diego quand Andreas Hagara barrait.

 

 

 

Le crunch

Par Loïc Le Bras

 

C’est ainsi que sont surnommés les matchs de rugby opposant la France et l’Angleterre.

 

Philippe Gouard, le DTN de la FFVoile, n’a jamais caché ses ambitions pour les Jeux de Londres. Rapporter six médailles et prendre la première place des nations aux Anglais qui dominent la voile olympique depuis quelques années.

 

Vu les résultats de la SOF, qui rappelons-le est désormais une étape de la Coupe du Monde ISAF, tous les espoirs sont permis.

 

Les Français ont décroché sept médailles, contre quatre pour nos meilleurs ennemis.

 

Sur leurs sept médailles, nos tricolores en ont rapporté trois en or grâce à Julien Bontemps (RS:X), Manu Dyen et Stéphane Christidis (49er) et l’incontournable Damien Seguin (2.4mR), contre deux pour les Anglais avec Iain Percy et Andrew Simpson (Star) et le trio John Robertson/Hannah Stodel/Steve Thomas (Sonar).

 

Certes, les Britanniques, ultra dominateurs en Finn avec Ben Ainslie, Giles Scott et Ed Wright, n’avaient pas fait le déplacement à Hyères. Mais on sait aussi que nos Quatre-Septistes Hommes Pierre Leboucher et Vincent Garos, sont aussi capables de mettre tout le monde d’accord sur une compétition. Que les filles du match-racing tricolore Claire Leroy, Marie Riou et Elodie Bertrand ont longtemps occupé la place de numéro 1 mondial. Et que Jonathan Lobert en Finn a déjà rivalisé avec Big Ben.

 

Il est aussi intéressant de noter que derrière les deux médailles d’or anglaises sur la SOF se trouvent immédiatement deux équipages français en argent – Xavier Rohart/Pierre-Alexis Ponsot (Star) et Bruno Jourdren/Nicolas Vimont Vicary/Eric Flageul (Sonar) –  qui rêvent forcément d’inverser les places à Weymouth en août prochain.

 

Bref, le crunch ne sera pas facile à remporter cette année aux JO de Londres, mais nos sélectionnés ont de vrais atouts à faire valoir.

 

ps : ne manquez pas sur notre site les deux excellentes vidéos réalisées par François Déliac et Manon Borsi qui sont allés à la rencontre des sélectionnés français pour les JO. A voir ici (pour le RS:X Homme, Match Race, Finn et Laser) et là (pour le 49er, le RS:X Femme, le Star et le 470 Homme)

 

 

Chassé-croisé

Par Loïc Le Bras

 

C’est un peu l’histoire des deux trains qui partent de Paris et Brest à des heures décalées et avec des vitesses différentes. Quand et à quel kilométrage vont-ils se croiser ? Un problème qui a donné des sueurs froides à des générations d’écoliers !

 

Le revoici dans une version “marinisée“…

 

D’un côté, 16 Figaros Bénéteau partis samedi de Concarneau pour 3890 milles jusqu’à Saint-Barth, avec un crochet à faire par les Canaries.

De l’autre, cinq VOR 70 qui ont quitté Itajai au Brésil dimanche en direction de Miami, distant de 4800 milles. Les deux parcours se croisent au large des Antilles.

 

Sachant qu’en 2010, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye (Brit Air) avait remporté l’AG2R à la moyenne théorique de 7,10 nœuds, et que Telefonica s’est imposé sur la première étape de la Volvo Ocean Race à 12,2 nœuds de moyenne sur l’Atlantique, qui de la flotte des Figaro ou du quintet de la Volvo croisera devant l’autre ? Y aura-t-il route de collision ? A vos calculettes…

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ps: ceux qui n’ont pas de calculette n’auront pas de mal à deviner la bonne réponse en cherchant tout simplement sur Internet les ETA de chaque flotte. Autour du 6 mai à Miami pour les VOR70 et du 12 mai à Saint-Barth pour les Figaristes… CQFD !

 

La der de Team New Zealand ?

Par Loïc Le Bras

 

La 34e Coupe de l’America à San Francisco en 2013 pourrait marquer la dernière participation de Team New Zealand. En cas de défaite, l’équipe de Grant Dalton ne reviendrait certainement pas disputer la 35e édition, surtout si Oracle Racing conserve l’aiguière d’argent.

 

 

Les raisons sont d’abord financières. Difficile pour ce petit pays de moins de 5 millions d’habitants de réunir les fonds pour participer avec les moyens de gagner. Ce qui représente un budget de 70 à 100 millions d’euros !

 

D’après Dean Barker, le skipper de TNZ, la 34e édition en AC72 à San Francisco coûtera bien plus cher que la 32e en Class America à Valence. Il estime que les heures de construction sont multipliées par cinq, passant de 25 000 heures de travail pour un Class America à 125 000 heures pour un AC72 ! Autre exemple des prix pharaoniques : une seule dérive coûterait 200 000 euros. Comme ils ont le droit d’en construire dix, soit cinq paires, cela fait un budget « dérives » de 2 000 000 d’euros…

 

En cas de victoire, les Kiwis reviendraient au monocoque, dans l’esprit des AC90 imaginés un moment par Alinghi pour la 33e édition. Sinon, la Coupe de l’America risque de se passer des All Blacks de la voile pour la première fois depuis leur apparition en 1986…

 

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